18
mar 15

La petite fille de Monsieur Linh

Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un autre moment de lecture.
« La petite fille de Monsieur Linh », un court roman de Philippe Claudel.

La petite fille de monsieur Lin

Qu’il est difficile de parler de ce roman, si profond sous un style si sobre et subtil, où la symbolique pourtant discrète tient une place importante !

La petite fille de Monsieur Linh est tout d’abord un roman d’exil.

Le vieux Monsieur Linh a fuit son pays d’Asie en guerre et arrive en Occident avec sa petite-fille, Sang diû.

« Six semaines. C’est le temps que dure le voyage. Si bien que lorsque le bateau arrive à destination, la petite fille a déjà doublé le temps de sa vie. Quant au vieil homme, il a l’impression d’avoir vieilli d’un siècle. »

On comprend les souffrances atroces endurées par Monsieur Linh, puis son arrachement, la perte des repères dans une ville froide, sans goût, sans odeurs, où il ne comprend pas la langue. Une souffrance suggérée, symbolisée par une petite valise, une poignée de terre de son pays, une photo jaunie…

Mais ce roman est aussi un roman d’optimisme. Malgré ce déracinement, le vieil homme place tout son espoir dans Sang Diû.
Pour elle, il ose affronter cette ville hostile, il se montre admirable envers elle, la protège, la rassure, lui prodigue des soins permanents,
lui donne tout l’amour dont il est capable. Il va puiser dans cet amour
toutes les forces nécessaires à leur survie. Il est parfois naïf, parfois maladroit, toujours déterminé et touchant. Elle, elle ne pleure jamais et reste toujours calme.

Et enfin, le vieil homme va rencontrer Monsieur Bark, et c’est un roman d’amitié, celle qui dépasse les frontières de la langue, de l’âge, de la différence, et permet le partage d’Instants précieux dans la tristesse et l’espoir.

«   Je suis ton grand-père et nous sommes tous les deux, nous sommes deux, les deux seuls, les deux derniers. Mais je suis là, n’aie crainte, il ne peut rien t’arriver, je suis vieux mais j’aurai encore la force, tant qu’il le faudra, tant que tu seras une petite mangue verte qui aura besoin du vieux manguier. »

Je recommande vivement !


22
fév 15

Soleil, palmiers, et ti punch !

Après avoir lu « un Avion sans elle » (que j’avais adoré) et « Nymphéas Noirs » de l’auteur Michel Bussi, j’ai poursuivi avec « Ne lâche pas ma main« .

Un cadre totalement nouveau pour cette nouvelle intrigue policière, qui se déroule sur l’Ile de la Réunion.

Ne-lache-pas-ma-main

Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans. Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar original, sur fond d’exotisme ! 
Les ingrédients d’un bon cocktail sont réunis : on y trouve du suspens, des sentiments, une intrigue un peu tortueuse mais qui se tient, une course-poursuite haletante dans un cadre exceptionnel – la Réunion.
On est immergé dans le quotidien des insulaires, l’auteur dresse de l’île un tableau réaliste, où l’indolence et le cadre idyllique n’est qu’un leurre.

Les personnages ont du caractère et sont attachants.
Michel Bussi joue avec le lecteur, cherche à le tromper sans cesse, joue avec ses nerfs.
Il manque à mon goût une fin plus magistrale, à la façon d' »un avion sans elle » ou des « Nymphéas Noirs », mais le plaisir est tout de même bien présent.

A déguster sans modération !