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La petite fille de Monsieur Linh

Qu’il est difficile de parler de ce roman, si profond sous un style si sobre et subtil, où la symbolique pourtant discrète tient une place importante !

La petite fille de Monsieur Linh est tout d’abord un roman d’exil.

Le vieux Monsieur Linh a fuit son pays d’Asie en guerre et arrive en Occident avec sa petite-fille, Sang diû.

« Six semaines. C’est le temps que dure le voyage. Si bien que lorsque le bateau arrive à destination, la petite fille a déjà doublé le temps de sa vie. Quant au vieil homme, il a l’impression d’avoir vieilli d’un siècle. »

On comprend les souffrances atroces endurées par Monsieur Linh, puis son arrachement, la perte des repères dans une ville froide, sans goût, sans odeurs, où il ne comprend pas la langue. Une souffrance suggérée, symbolisée par une petite valise, une poignée de terre de son pays, une photo jaunie…

Mais ce roman est aussi un roman d’optimisme. Malgré ce déracinement, le vieil homme place tout son espoir dans Sang Diû.
Pour elle, il ose affronter cette ville hostile, il se montre admirable envers elle, la protège, la rassure, lui prodigue des soins permanents,
lui donne tout l’amour dont il est capable. Il va puiser dans cet amour
toutes les forces nécessaires à leur survie. Il est parfois naïf, parfois maladroit, toujours déterminé et touchant. Elle, elle ne pleure jamais et reste toujours calme.

Et enfin, le vieil homme va rencontrer Monsieur Bark, et c’est un roman d’amitié, celle qui dépasse les frontières de la langue, de l’âge, de la différence, et permet le partage d’Instants précieux dans la tristesse et l’espoir.

« Je suis ton grand-père et nous sommes tous les deux, nous sommes deux, les deux seuls, les deux derniers. Mais je suis là, n’aie crainte, il ne peut rien t’arriver, je suis vieux mais j’aurai encore la force, tant qu’il le faudra, tant que tu seras une petite mangue verte qui aura besoin du vieux manguier. »

Je recommande vivement !